QUELS RISQUES POUR UN TATOUAGE ?

Le tatouage implique une effraction cutanée. Celle-ci constitue une porte d'entrée potentielle pour les agents infectieux, au moment de la réalisation du geste mais également durant la période de cicatrisation qui suit. Sur ce dernier point, la personne tatouée suivra les soins indiqués par le tatoueur.
Une infection peut se développer à cause des micro-organismes (microbes) présents plus ou moins habituellement à la surface de la peau. Une procédure simple mais stricte, imposée par la loi aux tatoueurs depuis 2008, permet de réduire les risques.

Les données scientifiques disponibles sur le sujet sont très rares et le risque de transmission est mal évalué pour le VHB (hépatite B), le VHC (hépatite C), encore moins pour le VIH. La possibilité d’une contamination par le VHB et le VHC est tout de même solidement établie. La possibilité de transmission du VIH semble très peu probable (fragilité du virus à l'air libre).
Des infections dues à d’autres micro-organismes peuvent plus rarement survenir comme les virus herpès ou le papillomavirus (responsable des verrues).
Des réactions allergiques (notamment aux pigments de tatouage) et des cicatrisations pathologiques sont possibles sur des personnes prédisposées.

Le tatoueur s'expose lui aussi à un risque lors de blessures accidentelles avec un instrument piquant ou tranchant : On parle alors d'accident d'exposition au sang (AES).



CONTRE-INDICATIONS
Dans les situations de maladie chronique ou d'utilisation prolongée de médicaments, l'acte de tatouage doit être préalablement discuté avec le médecin traitant de la personne concernée.
Outre les complications liées aux infections, des réactions allergiques aux pigments de tatouage et des cicatrisations pathologiques sont possibles. En cas d'allergie au latex connue, le professionnel pourra utiliser des gants d'examen en matière équivalente au latex.

Les femmes enceintes [1] présentent une sensibilité et une émotivité particulières, et présentent en outre des différences de poids pouvant avoir des conséquences sur l'aspect du motif (peau distendue notamment). La décision du tatouage doit être à l'appréciation à la fois du tatoueur et de la future maman.

Enfin, on pourra dissuader les adolescents, dont la croissance n'est pas achevée, de se faire tatouer. Par ailleurs, une maturité psychologique est essentielle à la décision de se faire tatouer, même si elle est difficile à évaluer... A noter que la loi exige un consentement parental écrit pour tout acte de tatouage sur une personne mineure. Certains professionnels refusent par ailleurs de tatouer les mineurs.
QUELS SONT LES PRINCIPES DE BASE À RESPECTER ?

Le risque majeur à retenir est le principe de la contamination croisée, qui peut provenir d'un client précédent, des surfaces de travail où le matériel utilisé est en contact pendant le tatouage, ou des mains du tatoueur.
Le tatoueur doit donc au minimum :
- procéder à un lavage antiseptique de ses mains
- préparer l'asepsie de la peau qui va être tatouée
- nettoyer et désinfecter l'environnement de travail
- stériliser tout le matériel stérilisable
- utiliser du matériel à usage unique (notamment gants et aiguilles)
- suivre la règle du "no touch"

La règle du "no touch" consiste pour le tatoueur à ne rien toucher qui ne soit "protégé" ou à usage unique pendant qu'il tatoue. La "protection" des accessoires et de l'espace de travail (décrite en détail dans le Manuel du SNAT) se fait par l'application d'un film plastique notamment sur :
- le plan de travail,
- l'éclairage (susceptible d'être touché pendant le tatouage),
- le vaporisateur contenant la solution antiseptique
- l'alimentation du dermographe
- et tout ce qui devra être touché par le tatoueur.

Les gants à usage unique doivent être changés dès que le tatoueur touche tout objet "non protégé" (ex : le téléphone).



STÉRILISATION : en bref
La stérilisation est une opération qui consiste à empêcher la reproduction des micro-organismes présents sur les différents matériels. La stérilité n'est jamais totale, dans la mesure où l'environnement n'est pas stérile, mais permet d'obtenir une protection optimale dans le cadre d'une séance de tatouage.
Un objet ne peut être correctement stérilisé que s'il est préalablement nettoyé, manipulé, conditionné, stocké et utilisé selon un protocole strict. Autrement dit, la présence d'un autoclave (stérilisateur) ne garantit en rien l'hygiène du tatoueur si celui-ci ne l'utilise pas correctement et/ou ne suit pas les règles d'asepsie énoncées ci-dessus.

En outre, seul un stérilisateur validé, correctement entretenu et faisant l'objet d'une maintenance régulière, permet de garantir le résultat de la stérilisation.



HYGIÈNE et CONVENTIONS de TATOUAGE
De même que dans les studios, des règles strictes doivent être suivies pour que les tatouages soient effectués dans de bonnes conditions d'hygiène. Une règlementation spécifique prévoit des mesures adaptées à ces manifestations depuis 2008.



Des RÈGLES OFFICIELLES ?
L'hygiène est un sujet auquel les tatoueurs sont particulièrement attentifs depuis plus de quinze ans. La très grande majorité d'entre eux ont pris l'initiative de se former aux questions de l'hygiène et d'adapter au mieux leurs pratiques à ces contraintes de longue date.
Le SNAT, Syndicat National des Artistes Tatoueurs (Voir la rubrique "Associations"), a montré que les professionnels étaient unanimes sur la nécessité d'une régulation officielle : sa charte d'hygiène, suivie depuis 2003 par ses adhérents également par de nombreux tatoueurs qui n'ont pas fait le choix personnel d'adhérer à une association professionnelle, a servi de modèle à l'élaboration de la réglementation émise par le Ministère de la santé en 2008.

Pour plus d'infos :
Décret du 19 février 2008
Les arrêtés d'application du décret



Voir aussi les sites :
Dossier réglementation par le Ministère de la santé
Hépatites Info Service
Sida Info Service
Un signe d'engagement : le SNAT

Les studios affichant le logo du SNAT, Syndicat National des Artistes Tatoueurs, s'engagent à respecter sa Charte d'hygiène, qui a servi de modèle à l'élaboration de la réglementation française.



DON DU SANG :

En France et en Europe, une contre-indication temporaire de 4 mois est appliquée après la réalisation d'un tatouage ou d'un piercing. Tout passage de la barrière cutanée par des aiguilles ou par des objets tranchants représente un risque de transmission de virus ou de bactéries, ce risque est d'autant plus important que les instruments utilisés servent pour plusieurs personnes. Si l'on n'est pas absolument certain des conditions de stérilisation des aiguilles et des instruments utilisés, on peut considérer qu'il s'agit d'une situation à risque élevé de contracter un virus tel que le virus de l'hépatite C.
Pour pouvoir détecter le virus, il faut que celui-ci une fois passé dans l'organisme, ait fabriqué des anticorps détectables par les tests. Nous savons que quatre mois après l'exposition au virus, s'il y a eu transmission, le test est positif.” [Source : EFS]



[1] Un tatouage interdit-il une péridurale ?
Voir le sujet régulièrement mis à jour sur le forum :
"Tatouage et péridurale"

Page modifiée le 09/09/2010 (mise en ligne le 28/04/2006)
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