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| tatouage "éphémère" ? le "semi-permanent" ou la grande illusion... |
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"On m'a parlé d'une technique permettant de réaliser des tatouages qui ne durent que quelques années (2, 3, 5 ou 10 ans selon les
versions...)" Cette "technique" est une véritable arnaque, apparue au début des années 90, dans la foulée d’un autre procédé dérivé du tatouage électrique : le maquillage dit permanent (alors même que les esthéticiennes qui proposent ce type de service prétendent que des "retouches" sont nécessaires tous les deux ou trois ans !)... |
L'idée consiste donc à tatouer un motif censé disparaître au bout de quelques années. Or, il faut savoir que : > il est impossible de piquer "superficiellement" l'épiderme de manière à ce que l'encre disparaisse naturellement. Les "traces" qu'on en voit aujourd'hui, plusieurs années après, les premiers "tattoos éphémères" en témoignent... N'hésitez pas à interroger un dermatologue sur ce sujet ! > La plupart des "professionnels" qui proposent ce type de tatouage possèdent généralement peu de connaissances solides sur le tatouage, et acquièrent ces connaissances lors de stages douteux de quelques jours. > Les machines utilisées la plupart du temps sont les mêmes que celles destinées au maquillage permanent, et elles ne sont absolument pas adaptées à la réalisation d'une pièce qui nécessite l'utilisation d'un véritable dermographe avec des aiguilles de différentes tailles. On pourrait comparer un tatouage "éphémère" avec un tatouage mal piqué qui vieillit mal : le motif s'estompe de manière très irrégulière, et laisse des traces très inesthétiques et définitives... La seule véritable technique de tatouage temporaire, outre les décalcomanies, est le henné, qui ne dure que quelques jours. Les "professionnels" qui proposent les tatouages décrits plus haut sont irresponsables et mal informés. Si vous avez connaissance de ce type de pratiques, n'hésitez pas à vous informer auprès d'associations de consommateurs. Mise en garde sur le henné noir Bien que ce ne soit pas le propos du site, c'est dans un souci de sécurité sanitaire* que je fais le relais de l'information suivante. Du henné naturel... Le henné en tant que plante est utilisé depuis des millénaires dans de nombreuses cultures et civilisations pour des raisons esthétiques, sociales et religieuses. Ses feuilles sont traditionnellement cueillies, séchées et réduites en poudre, puis mélangées avec de l’huile et du citron (il existe plusieurs recettes variant les ingrédients) afin de former une pâte. La mixture est ensuite appliquée sur la peau à l’aide d’une sorte de seringue (sans aiguille !) et laissée de 2 à 12 heures : le temps d’application détermine la tenue et l’intensité de la couleur du motif. Le dessin s’estompe progressivement puis disparaît en moyenne au bout de trois semaines. Le procédé est simple et indolore, et son effet temporaire. Il ne nécessite aucun soin particulier après application, ne présente aucun risque infectieux, et les réactions allergiques sont extrêmement rares : ces qualités ont rendu le tatouage au henné très populaire. Par ailleurs, aucune compétence spécifique n’est requise pour appliquer ce produit : en somme, le compromis idéal pour les adeptes du tattoo provisoire ! ... au henné "noir" Cette pratique ancienne et bien tolérée jusqu’à il y a peu est pourtant à l'origine d’un grand nombre d’affections dermatologiques depuis quelques années... Ce constat s'explique facilement : le henné, dans sa composition naturelle, présente deux inconvénients : un long délai d’application et une teinte orangée ou rouge/marron sur la peau, où l’on préfèrerait la voir bien noire... C’est pourquoi certains praticiens ont eu l’idée d’ajouter à leur mixture de la PPD, ou paraphénylènediamine, qui corrige ces effets : on obtient un tatouage plus noir, le processus est beaucoup plus rapide (quelques minutes seulement sont nécessaires), et on augmente la durée de vie du tatouage... La PPD a été utilisée jusque dans les produits commerciaux prêts à l’emploi, parfois à près de 26 % des mélanges, soit bien au-delà des normes autorisées (soit 6 % !). Les complications constatées sur ces tatouages ne sont généralement pas dues au henné en lui-même mais aux divers ingrédients ajoutés, PPD et colorants chimiques de la même famille en tête. Il faut rappeler que la PPD est un puissant sensibilisant responsable de dermatites allergiques et parfois de réactions d’hypersensibilité immédiate de type urticaire ou oedème pour ne citer que quelques exemples... La dermatite se caractérise le plus souvent par une éruption cutanée parfois douloureuse, qui apparaît précisément sur la zone tatouée. L’éruption peut être discrète et guérir spontanément : dans ce cas, une seconde exposition à la PPD, à l’occasion d’un nouveau tatouage ou d’un shampoing colorant en contenant par exemple, provoquera une éruption beaucoup plus sévère, et ce même avec plusieurs années d’intervalle entre les deux expositions. A long terme, des cicatrices avec ou sans relief peuvent persister, dessinant en "négatif" le tatouage temporaire... Plutôt raté donc ! |
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* Voir le communiqué de l'AFSSAPS du 8 juin 2006 En bref : à retenir Le tatouage semi-permanent n’existe pas. Fuyez les boutiques qui vous promettent un tatouage d’une durée de vie de
quelques années. Si vous êtes tenté par un vrai tatouage, (re)lisez la page "Premier tatouage...". Si vous
préférez porter un motif provisoire, optez pour le henné. Pas de henné noir fait à la sauvette. Si l'été, sur la plage, sur un marché ou dans tout autre lieu touristique, on vous
propose un tatouage "au henné noir" réalisé en quelques minutes, passez votre chemin : il s’agit à coup sûr d’un produit contenant de la PPD. Le
henné naturel donne une teinte brun/orange et nécessite au minimum deux heures d’application. Une allergie au PPD, c’est à vie. Vous voulez un tattoo provisoire ? Avec la PPD vous aurez une allergie à vie ! Une
seule expérience suffit pour être sensibilisé : passée la première allergie, finies les colorations capillaires et les teintures à base de PPD, sans
compter le risque d’allergies croisées avec d’autres produits par la suite...Sources : "Un "bio"... pour l'éternité !", Tatouage Magazine n°22 (septembre/octobre 2001) "De l'art ou du...", Edito Tatouage Magazine n°28 (septembre/octobre 2002) "Un tattoo... mais pas pour la vie ?", Tatouage Magazine n°57 (juillet/août 2007) AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) |
Page modifiée le 11/08/2007 (mise en ligne le 15/12/2002)
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