la peau et le tatouage
Les questions liées à la peau tatouée sont assez fréquentes de la part des nouveaux ou futurs tatoués.
Vous trouverez ici quelques réponses à ces sujets existentiels...

Si vous vous interrogez sur l'aspect de votre tatouage pendant la cicatrisation, tournez-vous toujours vers votre tatoueur, c'est lui le mieux placé pour vous conseiller sur les soins à apporter au tatouage qu'il a réalisé !
Quel est le principe du tatouage ?

Il s'agit d'introduire dans la peau des matières colorantes (pigments) : la couleur ainsi introduite apparaît ensuite par "transparence" après cicatrisation de la plaie provoquée par le piquage.
La peau est composée de trois couches (épiderme, derme et hypoderme) : l'encre est déposée par l'aiguille dans un espace assez précis à la limite entre le derme et l'épiderme. La profondeur de la piqûre varie en fonction des types de peaux et des parties du corps : entre 1 et 4 mm, les zones les plus épaisses se situant dans le dos.



Tous les types de peaux peuvent-ils être tatoués ?

A priori oui, du moment qu'elles ne sont allergiques à aucun produit [*] ou encre utilisés pour le tatouage. Il faut cependant savoir que le "rendu" des couleurs (dont le noir) varie selon la pigmentation naturelle de la peau : injustice épidermique, les peaux claires, plus fines et donc plus "transparentes", donnent les tons les plus éclatants ; les peaux très foncées à noires quant à elles, sont généralement limitées à accueillir du noir, seule couleur qui "transparaît" à travers l'épiderme, plus épais. Par ailleurs, une peau trop foncée rend le tracé délicat : cela équivaut à tracer un dessin au crayon noir sur une page noire...

Les peaux "à problèmes" doivent susciter une attention particulière, voire une contre-indication au tatouage :
Acné. Une peau acnéique doit être traitée avant d'envisager un tatouage. A savoir qu'un traitement sous Roaccutane® assèche la peau, peut provoquer des démangeaisons, et ralentit la cicatrisation : le tatouage est déconseillé, sinon doit être suivi si possible par un dermatologue.
Psoriasis. Le tatouage représente un traumatisme pour la peau susceptible de révéler un psoriasis chez les personnes déjà atteintes. Dans la pratique, on observe peu de psoriasis persistant sur les tatouages s'il n'y a pas de lésion avant 6 semaines après le tatouage.
Eczéma. Un traitement sous cortisone doit proscrire absolument un tatouage. Il est préférable d'attendre plusieurs mois après la fin d'un traitement avant d'envisager un tatouage sur une zone qui n'a pas montré de signes d'eczéma.
Vitiligo. Lorsqu'on tatoue une plaque de vitiligo, les pigments du tatouage "virent". Par ailleurs, le vitiligo est une maladie immunologique : le tatoueur, en piquant une personne atteinte, risque fort de déclencher une poussée de vitiligo.



Précautions particulières

Grains de beauté. Ils ne doivent pas être tatoués (le tatoueur peut les contourner), parce qu'un tatouage pourrait gêner la surveillance de leur éventuelle évolution. Les tâches de rousseur, sans relief, ne présentent a priori aucun inconvénient médical à être piquées.
Cicatrices. Elles peuvent être tatouées si elles sont suffisamment anciennes (d'au moins un an). Les chéloïdes (hypertrophies cutanées qui se développent sur une cicatrice) contre-indiquent totalement le tatouage.

Les mains et les pieds
Les tatouages sur la plante des pieds, sous les orteils, sur la paume des mains et sur l'intérieur des doigts sont très difficiles à tatouer car la peau est très épaisse. De plus, ils ne tiennent généralement pas dans le temps car l'effet de transparence est quasiment nul et que la peau sur ces zones se renouvelle rapidement.

Bronzage
Evitez de bronzer votre peau au moins pendant un mois précédent une séance de tatouage : une peau récemment bronzée peut gêner le travail du tatoueur (peaux mortes qui apparaissent lors de l'encrage).



Comment un tatouage vieillit-il ?

La manière dont le motif a été piqué et la qualité de l'encre sont les premiers éléments déterminant la "durée de vie" du tatouage.

Le style du dessin est un autre élément : plus les traits sont fins, plus ils s'estomperont avec le temps ; les couleurs perdent inévitablement de leur éclat au bout de quelques années.
En dehors de toutes considérations artistiques et de goûts personnels, on peut dire que les pièces les plus "résistantes" au temps sont celles qui contiennent peu de détails, des traits épais, des lignes aérées, éventuellement de gros aplats de couleurs peu nuancées et correctement encrées (exemple : les tatouages "old school").
Une petite pièce et/ou trop détaillée a de grandes chances de devenir une tâche baveuse... "C'est un frein énorme quand la pièce est trop petite", confirme Patrick Chaudesaigues de Brive. "En peinture, un miniaturiste peut réussir, la toile ne bougera pas. En revanche, dans la peau, les risques sont plus élevés à cause d'un mauvais vieillissement des tissus."

Le tatouage vieillit avec son support : la peau. Si celle-ci subit des dommages (cicatrices, brûlures, etc.), le tatouage aussi. C'est pourquoi les tatoués soucieux de préserver l'aspect de leurs tatouages tâchent de ne pas trop s'exposer aux UV (et/ou utilisent un produit de protection à indice élévé). Un entretien de l'épiderme avec une crème hydratante peut être un plus, afin de retarder le vieillissement de la peau et ce qui va avec : rides, vergetures, etc....
La peau peut également bouger en cas de variations conséquentes de poids (amaigrissement, prise de poids, grossesse, prise de masse importante, etc.). Le futur tatoué peut tenir compte de ce paramètre s'il envisage un amaigrissement ou une prise de masse équivalent à 15-20 kilos...
A noter que certains types de motifs "supportent" mieux les déformations que d'autres (exemple : motif abstrait versus portrait).
A savoir enfin qu'un vieux tatouage peut la plupart du temps être "retouché", voire recouvert si besoin (Voir "le recouvrement : technique exigeante").
[*] Si vous êtes allergiques au latex, pensez à le signaler à votre tatoueur : la plupart des professionnels utilisent des gants en latex. Idem pour le sparadrap...
Sources :
"Gardez la forme..." - Tatouage Magazine n°8 (avril/mai 1999)
"Tatouage : un principe à fleur de peau" - Tatouage Magazine n°10 (septembre/octobre 1999)
"Tout savoir sur la peau" - Tatouage Magazine n°17 (novembre/décembre 2000)
"Peut-on tout réaliser ?" - Tatouage Magazine n°42 (décembre 2004 / janvier 2005)
"Une simple histoire de peau" - Tatouage Magazine n°51 (juillet/août 2006)
Sur le site 4U2C : "Dr Catherine G.", dermatologue (interview réalisée en 2000)
FAQ du site Monpso.net (consultée le 04/12/2004)

Page modifiée le 12/06/2010 (mise en ligne le 08/12/2004)
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