Le recouvrement : une technique exigeante

Quelques exemples de recouvrements réalisés par Fred - NEOTATTOO
Le recouvrement -ou "cover" en anglais- consiste à cacher entièrement un tatouage par un nouveau : il peut s'agir d'une vieille "bousille" ou d'une pièce mal encrée (souvent faute d'avoir pris le temps de choisir son tatoueur...) ; plus rarement, on peut vouloir masquer un motif ne nous correspond plus, ou qui nous rappelle un moment de notre vie qu'on souhaite oublier...
C'est une alternative judicieuse au détatouage, bien souvent moins coûteuse, moins douloureuse, et plus rapide...

C'est en revanche une technique particulièrement exigeante, considérée par les tatoueurs comme une excellente école du tatouage : un cover est généralement issue d'une création (difficile de calquer un motif existant sur un tatouage !), et la nouvelle pièce doit subtilement "intégrer" l'ancienne pièce, sans la faire totalement disparaître... Le tatoueur peut utiliser une partie du motif, qui se fond dans le nouveau tatouage, ou, beaucoup plus rarement, reprendre le dessin à la base en conservant les dimensions et en repiquant intégralement le motif original...
Le candidat au recouvrement devra le plus souvent se plier aux suggestions du tatoueur en ce qui concerne le nouveau motif : selon la pièce à couvrir (taille, couleurs, remplissage...), le choix sera plus ou moins large.
Généralement, on prévoit un tatouage de taille au moins deux fois supérieure à la partie à recouvrir.
Pendant longtemps le "tribal", de par ses caractéristiques (noir le plus souvent, formes abstraites) a été le style qui se prêtant le mieux à cet exercice... Le noir était en effet la "couleur" de prédilection du recouvrement : avec lui, aucun risque de voir les anciens traits réapparaître quelques mois après la cicatrisation. Car en tatouage, les encres ne se "recouvrent" pas vraiment, elles s'additionnent !
Le tribal peut toujours représenter une solution correcte pour les amateurs du style mais l'évolution de la pratique aidant (le recouvrement représente une grosse partie du travail des tatoueurs !), le choix proposé s'est considérablement élargi : bio-mécanique, japonais, floral, composition personnelle... a priori, presque tout est possible.

A noter qu'il arrive à certains tatoueurs de conseiller une ou deux séances de laser préalables avant de commencer un recouvrement, afin d'atténuer les couleurs. Il faut cependant rester très prudent sur cette option, car certaines couleurs sont plus ou moins faciles à enlever. Par ailleurs, un nombre trop important de séances de laser risque de brûler la peau et rendre difficile le tatouage. Reste enfin à savoir combien de temps est-il nécessaire d'attendre entre la séance de laser et celle de tatouage... La consultation d'un médecin spécialiste doit quoi qu'il en soit être de mise le cas échéant.



De nombreux paramètres donc, difficiles à évaluer...
En conséquence, le choix du tatoueur pour cet exercice délicat demande autant, voire plus, de précautions que pour un tatouage "classique"... Autant ne pas hésiter à solliciter un expert en la matière. Ce n'est pas un hasard si certaines conventions proposent une catégorie "cover-up" pour leurs concours !
Sources :
> "Le recouvrement", Tatouage Magazine n°3 (1998)
> "Le recouvrement", Tatouage Magazine n°30 (janvier/février 2003)
> "Le recouvrement", Tatouage Magazine n°52 (septembre/octobre 2006)

Page modifiée le 23/07/2010 (mise en ligne le 28/11/2003)
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