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| Un statut pour les tatoueurs : les élus interrogent le Gouvernement |
![]() Le Gouvernement français a été interrogé pour la première fois sur la question d'un statut en 1997, par le député Franck Marlin, de longue date acquis à la cause des tatoueurs et du SNAT (Syndicat National des Artistes Tatoueurs). Sous le terme questions, on regroupe un ensemble de procédures offertes aux députés et aux sénateurs pour assurer leur contrôle et leur information sur l'activité du Gouvernement et de l'administration ou pour obtenir des renseignements de toute nature : questions orales, questions au Gouvernement, questions écrites. Les textes reproduits ci-contre sont classés par ordre chronologique inverse. Les derniers textes ajoutés sur cette page sont signalés en rouge. Voir aussi : Tatouage et cadre sanitaire : les élus interrogent le Gouvernement |
QUESTIONS de la 12ème LÉGISLATURE
Q. - “M. Franck Marlin [UMP - Essonne] appelle l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur le souhait du
syndicat national des artistes tatoueurs de voir ces professionnels créatifs reconnus comme artistes. Il s'agit d'une demande exprimée depuis plus de
dix ans. En effet, art à part entière, le tatouage est actuellement pourtant considéré comme une prestation de services, puisqu'il ne figure pas
au nombre des oeuvres énumérées par les articles L.112-2 du code de la propriété intellectuelle et 71 A de l'annexe III au code général des impôts [1]. Une analyse confirmée
par la cour administrative d'appel de Paris dans l'arrêt "Helleisen" [2] du 8 octobre 1998. Selon les informations portées à sa connaissance, il
semble que la création d'un tel statut soit envisagée par M. le ministre. Il lui saurait gré de bien vouloir lui confirmer, ou infirmer, cette
volonté et de lui indiquer dans quel délai ces artistes seront effectivement reconnus comme tels.”
Q. - “Mme Françoise Férat [Marne - UC-UDF] souhaite appeler l'attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur la
formation des tatoueurs-perceurs. Comme en atteste sa réponse à une question écrite parue au Journal officiel le 9 novembre 2004, un projet
d'acte réglementaire doit préciser le cadre inhérent à cette profession. Aucune disposition n'ayant été publiée à ce jour, elle lui demande donc de
bien vouloir lui préciser le calendrier de mise en oeuvre de cette réglementation.”
Q. - “M. Franck Marlin [UMP - Essonne] appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur le
souhait du syndicat national des artistes tatoueurs [3] de voir ces professionnels créatifs reconnus comme artistes. En effet, par deux fois, son
prédécesseur a précisé dans ses réponses aux questions écrites des 15 septembre 1997 et 28 décembre 1998 que le tatouage est une prestation de
services au taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée, puisqu'elle ne figure pas au nombre des oeuvres énumérées par les articles L.112-2 du code de la propriété
intellectuelle et 71 A de l'annexe III au code général des impôts [1]. Une analyse confirmée par la cour administrative d'appel de Paris dans
l'arrêt "Helleisen" (n°97
PA00085 et n°98
PA00086) du 8 octobre 1998. Un statut permettant de reconnaître l'aspect artistique de ces professionnels pourrait être envisagé, sachant que
leur appellation, selon les services fiscaux, de "décorateurs intradermiques" [4] est en parfaite opposition avec leur fonction d'artistes créant des
oeuvres d'esprit uniques, en travaillant sur l'épiderme et non le derme comme l'indique l'adjectif précité. Par ailleurs, la création de ce statut,
qui leur permettrait de bénéficier du taux de TVA à 5,5 %, pourrait également faire l'objet de la mise en place d'une charte de qualité encadrant les
conditions d'exercice et d'hygiène dans ce secteur. Il lui saurait gré de lui indiquer la volonté gouvernementale sur ces points.”
Q. - “M. Serge Mathieu [Rhône - RI] demande à M. le secrétaire d'Etat aux petites et moyennes entreprises, au commerce, à
l'artisanat, aux professions libérales et à la consommation s'il peut présenter à la représentation nationale un bilan de l'action annoncée
médiatiquement par son prédécesseur, le 7 septembre 2000, tendant à une réglementation des pratiques du tatouage et du piercing. Il avait été
annoncé la mise en place de diverses actions d'information et des mesures concrètes tendant à garantir la sécurité des personnes. Un bilan
s'impose.”
Q. - “M. Roger Rinchet [Savoie - SOC] appelle l'attention de M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées
sur les risques liés à la pratique du tatouage et du percing, notamment les risques infectieux par le VIH ou l'hépatite C dans les cas d'effraction
du tissu cutané. Alors que l'on assiste depuis plusieurs années, en particulier chez les jeunes, au développement de cette pratique, et qu'il
n'existe pas à ce jour de législation réglementant la profession de tatoueurs, il lui demande s'il ne conviendrait pas de réfléchir à la mise en
place d'un véritable statut d'ailleurs réclamé par les professionnels engagés dans un démarche de prévention et de qualité. Il le remercie de
bien vouloir lui indiquer quelle pourrait être sa position sur cette proposition.” QUESTIONS de la 11ème LÉGISLATURE
Q. - “M. Roger Rinchet [Savoie - SOC] appelle l'attention de M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées
sur les risques liés à la pratique du tatouage et du percing, notamment les risques infectieux par le VIH ou l'hépatite C dans les cas d'effraction
du tissu cutané. Alors que l'on assiste depuis plusieurs années, en particulier chez les jeunes, au développement de cette pratique, et qu'il
n'existe pas à ce jour de législation réglementant la profession de tatoueurs, il lui demande s'il ne conviendrait pas de réfléchir à la mise en
place d'un véritable statut d'ailleurs réclamé par les professionnels engagés dans une démarche de prévention et de qualité. Il le remercie de
bien vouloir lui indiquer quelle pourrait être sa position sur cette proposition.”
Q. - “M. Jack Lang [SOC - Loir-et-Cher] attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur les
difficultés rencontrées par les tatoueurs face aux différentes interprétations administratives qui leurs sont opposées au regard de la législation
fiscale. Aucune disposition fiscale, spécifique aux tatoueurs, n'est actuellement en vigueur. Ainsi, ceux-ci sont, semble-t-il, constamment
confrontés à des incohérences administratives les empêchant de gérer clairement, et en toute connaissance de cause, leurs revenus et les différentes
taxes qui en découlent. En effet, l'article 256 du code général des impôts prévoit l'application d'un taux de TVA de 20,6 % pour toutes les activités de
décoration intradermique [4]. Or, les tatoueurs contestent l'application de cette disposition à leur profession. Ils la récusent dans la mesure où
ils déclarent travailler avec l'épiderme et non avec le derme. Par ailleurs, ils considèrent non pas exercer une activité décorative mais artistique.
Dès lors, ils s'étonnent de ne pouvoir bénéficier du taux réduit de TVA s'appliquant aux oeuvres artistiques. Pour justifier leur argumentation, ils
s'appuient notamment sur le décret n°95-172 du 17 février
1995 qui prévoit l'application d'un taux de TVA de 5,5 %, pour les gravures originales tirées en nombre limité, directement en noir ou en
couleur, entièrement exécutées à la main par l'artiste, quelle que soit la technique ou la matière employée, à l'exception de tout procédé mécanique
ou photomécanique. Il apparaît donc souhaitable d'envisager un statut relatif à cette profession, permettant notamment de reconnaître l'aspect
artistique ou non de cette profession en vue d'une harmonisation des mesures fiscales. Aussi, il lui demande si le Gouvernement entend prendre des
dispositions pour remédier à cette situation.”
Q. - “M. Franck Marlin [RPR - Essonne] attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur la
situation des artistes tatoueurs. En effet, ceux qui se déclarent comme tels, en dehors de toute autre activité, se voient appliquer les dispositions
de l'article 256 du code général des
impôts, prévoyant que l'activité de décorateur intradermique [4] constitue une prestation de service soumise à la TVA au taux normal, soit
20,6 %. Or, ceux-ci contestent la dénomination de décorateur intradermique [4]. Travaillant avec l'épiderme, et non le derme, ils revendiquent la
dénomination d'artiste, leurs oeuvres étant uniques, et de tatoueur, ce mot existant depuis 1846 et ne s'apparentent pas à celui de décorateur. Il
lui demande donc d'étudier la création de ce statut et, par conséquent, d'appliquer à leur activité le taux réduit de TVA prévu par l'article 278 septies du même
code pour les oeuvres d'art originales.”
Q. - “M. Franck Marlin [RPR - Essonne] attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la santé sur la situation des artistes tatoueurs.
Ils déplorent l'absence de statut pour leur profession. Sa création permettrait notamment de pouvoir s'assurer de la qualité du travail et des
règles d'hygiène les plus élémentaires qui, en l'espèce, ne sont pas contrôlées. Il lui demande donc de juger l'opportunité d'une réglementation les
concernant.” |
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[1] "Re"codifié à l'article 98 A de
l'annexe III au CGI [2] Cf. n°97 PA00085 et n°97 PA00086] [3] Le S.N.A.T. (Syndicat National des Artistes Tatoueurs) a été constitué en mai 2003. [4] Je ne retrouve à ce jour aucun document-source, Code des impôts ou autre, mentionnant le terme de "décorateur intradermique" : si quelqu'un dispose de précisions concrètes à ce sujet, n'hésitez pas à me contacter. Sources : Questions des députés (Assemblée nationale) Questions des sénateurs (Sénat) |
Page modifiée le 03/11/2009 (mise en ligne le 28/06/2004)
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