[Retour au GUIDE du CSHPF] stérilisation du matériel : procédure
La procédure détaillée ci-contre est préconisée dans le Guide du CSHPF (2000) et est donc valable à la date de référence de ce document.
On pourra utilement se reporter au Manuel du SNAT (Syndicat National des Artistes Tatoueurs) pour disposer d'une procédure de référence simple admise par la profession.



La procédure de stérilisation du matériel se fait en 5 étapes, décrites ci-contre :
1° Décontamination ou "pré-désinfection"
2° Nettoyage
3° Séchage
4° Conditionnement
5° Stérilisation
1 - Décontamination ou "pré-désinfection"

Cette étape permet de protéger le tatoueur et facilite le nettoyage ultérieur du matériel, mais ne le remplace pas.
Pour décontaminer, il faut avoir à disposition : un bac en plastique avec panier réservé exclusivement à la décontamination (il doit être compatible avec les produits utilisés), un produit détergent désinfectant répondant aux normes AFNOR, des gants non stériles à manchettes longues, une paire de lunettes, une blouse à manches longues et un masque pour se protéger (tenue considérée comme contaminée qui doit être réservée à cet usage).

> Préparer le bain de trempage en mélangeant avec de l'eau tiède,
> Respecter la dilution recommandée par le fabricant,
> Ne jamais mélanger deux produits différents,
> Changer le bain tous les jours, sauf si le matériel est particulièrement souillé (dans ce cas, changer le bain à chaque fois),
> Mettre à tremper, après utilisation, le matériel dans les meilleurs délais,
> Ne jamais laisser sécher les instruments souillés,
> Faire tremper le matériel pendant la durée indiquée par le fabricant (généralement 15 à 30 mn),
> Retirer le panier contenant le matériel du bac de décontamination (avec gants, lunettes, blouse et masque),
> Rincer à l'eau du robinet,
> Garder la tenue de décontamination à l'intérieur de ce lieu de stérilisation et dans la zone contaminée,
> Jeter les gants,
> Rincer et nettoyer le bac de décontamination chaque jour, avec le(s) produit(s) adapté(s), puis le sécher soigneusement.




2 - Nettoyage

“Seul un matériel propre pourra être correctement stérilisé”
Le nettoyage est une phase très importante qui permet l'élimination des souillures encore présentes sur le matériel.
Il s'agit d'une opération mécanique réalisée par brossage du matériel avec une brosse souple à l'aide d'un produit détergent, ou détergent-désinfectant (qui est alors le même que celui utilisé pour la décontamination). Il faut éviter toute projection pour ne pas contaminer l'environnement. Si le produit détergent est différent du détergent-désinfectant, il faut obligatoirement rincer le matériel entre les deux étapes ou utiliser deux bacs différents.
Un bac à ultrasons peut être utilisé pour compléter le nettoyage manuel. Les ultrasons permettent de mieux décoller les souillures présentes sur le matériel.

> Utiliser un bac à ultrasons avec panier et couvercle,
> S'assurer de son bon fonctionnement et que sa puissance est suffisante,
> Ne jamais mettre le matériel à nettoyer en contact direct avec le fond,
> Mettre un couvercle sur le bac pendant la phase de travail,
> Les produits utilisés doivent répondre aux normes AFNOR et être compatibles avec les ultrasons,
> Respecter les recommandations du fabricant pour la dilution du produit et le temps de contact des instruments avec le produit,
> Rincer abondamment le matériel après le passage dans le bac à ultrasons.




3 - Séchage

“Seul un matériel propre et sec pourra être correctement stérilisé”
Pour sécher, il faut un champ propre qui ne peluche pas. Le séchage doit être parfait. Seul du matériel sec peut être conditionné car toute trace d'eau risque de détériorer le sachet, qui ne jouera plus son rôle de “protecteur de la stérilité”.




4 - Conditionnement

“Seul un matériel correctement conditionné pourra rester stérile après stérilisation”
Le conditionnement protège l'objet de toute recontamination. Il doit être étanche aux micro-organismes, mais perméable à la vapeur (par sa face papier).
Pour conditionner, il faut disposer de sachets pelables spécifiques pour la stérilisation par la vapeur d'eau, et d'une soudeuse.

> Si le matériel possède des parties démontables, il faut le démonter entièrement.
> Si le matériel n'est pas démontable, on le laissera en position ouverte pour permettre le passage de la vapeur.
> Il faut mettre un seul objet par sachet et souder le sachet avec la soudeuse en vérifiant que la soudure est correcte et régulière.
> Aucun obstacle ne doit empêcher la pénétration de la vapeur au contact et à l'intérieur du matériel à stériliser.




5 - Stérilisation

“Seul un matériel propre, sec et bien conditionné pourra être correctement stérilisé”
La méthode de référence est la stérilisation par la vapeur d'eau (autoclave [1]). Les paramètres recommandés (température et durée) pour le plateau de stérilisation sont actuellement de 134°C pendant 18 minutes (norme prenant en compte les prions). En réalité, le cycle de stérilisation dure plus longtemps pour tenir compte des phases de vide préalable et de vide final de séchage.
Pour stériliser les objets conditionnés, il faut un stérilisateur avec vide fractionné et séchage. Ce type d'autoclave permet la stérilisation de sachets emballés et de produits creux.
Un stérilisateur est classé “dispositif médical” [2] et doit posséder le marquage “CE”. Seul un stérilisateur validé, correctement entretenu et suivi, faisant l'objet d'une maintenance régulière, permettra de garantir le résultat de la stérilisation. [*]



> Ranger les produits conditionnés face papier contre face papier, pour éviter que la face plastique d'un sachet obstrue la face papier d'un autre sachet, car seule la face papier du sachet laisse passer la vapeur d'eau.
> Ne pas trop serrer les produits conditionnés dans l'autoclave.
> Placer un intégrateur dans un sachet isolé au milieu de la charge (voir ci-dessous).
> A la fin du cycle, vérifier l'intégrateur et l'intégrité des emballages ainsi que la conformité du diagramme (quand il existe).

L'intégrateur est un témoin qui réagit selon 3 paramètres : température, temps, pression. Il permet de vérifier le fonctionnement de l'appareil, mais il ne constitue pas une preuve formelle de la qualité de la stérilisation.
Le diagramme permet en revanche d'avoir la preuve du bon fonctionnement de l'appareil.
Attention, à l'ouverture de la porte, les produits doivent être totalement secs. Tout emballage ou instrument humide n'est pas stérile. Dans ce cas, il doit être reconditionné et stérilisé à nouveau.
On ne doit donc pas sécher le matériel avec un stérilisateur dont la porte est ouverte.



STOCKAGE
Le stockage des matériels stérilisés nécessite un lieu propre et sec, à l'abri du soleil, de préférence une armoire en inox. Il ne faut pas utiliser d'armoire ou d'étagère en bois et en règle générale toute surface micro-poreuse.
La durée du stockage recommandée est de trois mois maximum dans les conditions ci-dessus. Toute déterioration de l'emballage doit conduire au reconditionnement et à une nouvelle stérilisation du matériel, s'il est réutilisable.


[*] ENTRETIEN ET CONTRÔLE DU STÉRILISATEUR
Il convient de se renseigner auprès des revendeurs pour connaître les procédures d'entretien relatives à chaque appareil et de faire vérifier son appareil au moins une fois par an.
Il ne doit jamais y avoir de dépôt dans une cuve, ni de changement de couleur.
Pour contrôler le stérilisateur, on utilise le test de Bowie Dick à réaliser une fois par semaine au moins et si possible quotidiennement. Celui-ci permet de vérifier la capacité du stérilisateur à faire le vide et permet de détecter un joint percé. Ce test se réalise soit avec une charge témoin et une feuille réactive, soit avec un test à usage unique.
Il faut bien se renseigner auprès du revendeur car les tests vendus ne correspondent pas à tous les autoclave.
Il est aussi possible de contrôler son autoclave avec des indicateurs microbiologiques qui permettent de donner une bonne indication sur le bon fonctionnement de l'appareil.
Attention : les anciens stérilisateurs à chaleur sèche dits "Poupinel", inefficaces sur les prions, et les stérilisateurs "à billes", interdits en France, ne doivent plus être utilisés (depuis notamment la Circulaire DGS/DH n°100 du 11/12/1995 modifiée).



[1] Autoclave : Un autoclave est un récipient à parois épaisses et à fermeture hermétique conçu notamment pour réaliser sous pression (de quelques bars) une stérilisation à la vapeur. Pour qu'un matériel soit considéré comme stérile, la probabilité théorique d'isoler un germe doit être inférieure à 1%. L'autoclave a été inventé en 1879 par Charles Chamberland.

[2] Dispositif médical : définition juridique
“On entend par dispositif médical tout instrument, appareil, équipement, matière, produit, à l'exception des produits d'origine humaine, ou autre article utilisé seul ou en association, y compris les accessoires et logiciels intervenant dans son fonctionnement, destiné par le fabricant à être utilisé chez l'homme à des fins médicales et dont l'action principale voulue n'est pas obtenue par des moyens pharmacologiques ou immunologiques ni par métabolisme, mais dont la fonction peut être assistée par de tels moyens. [...]” [article L.5211-1 du code de la santé publique]



Normes utiles

NF EN 13060 (novembre 2004) : Cette Norme spécifie les exigences en matière de performances et les méthodes d'essai relatives aux petits stérilisateurs à la vapeur d'eau.
NF EN 285 (juillet 2006) : Cette norme européenne spécifie les exigences et essais relatifs aux grands stérilisateurs à vapeur d'eau.
NF EN ISO 14937 (mars 2001, projet de révision février 2008) : Cette norme ISO définit, pour la stérilisation des produits de santé, les exigences générales pour la caractérisation d'un agent stérilisant et pour le développement, la validation et la vérification de routine d'un processus de stérilisation pour dispositifs médicaux.
NF EN 554 (octobre 1994) : Cette norme européenne spécifie les exigences relatives à la mise au point, à la validation, au contrôle et à la surveillance du procédé de stérilisation des dispositifs médicaux à la vapeur d'eau.



Sources :
> Guide du CSHPF (2000)
> AFNOR

Page modifiée le 07/12/2007 (mise en ligne le 15/12/2002)
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